Le café Tytgat



Ce café qui était situé à proximité du Fort de Mons-en-Barœul, a été construit en 1880, alors que cet ouvrage de fortification venait tout juste d'être édifié. Son premier propriétaire était un certain Daniel Hasbroucq, dont on voit la signature ci-dessous.



Sa situation en faisait un lieu privilégié pour les militaires du Fort. Il n'a toutefois pas été utilisé par les centaines d'ouvriers belges qui ont participé à l'édification du Fort entre 1878 et 1880.


La légende d'une carte postale nous informe qu'il fut tenu ensuite par la famille Tytgat-D'Hondt, et qu'il portait le nom tout indiqué " A l'entrée du Fort ". Sur la façade quelques publicités en tôle émaillée pour des boissons alcoolisées (Byrrh et Dubonnet) nous rappelle bien la destination du lieu.

Comment ce café restaurant a t-il pu être édifié à cet endroit en pleine zone de servitude militaire ?

En fait les zones de servitudes n'ont été définies qu'à partir de 1882, suite à une loi militaire. De ce fait les bâtiments qui se trouvaient englobés dans ces limites bénéficient d'un régime spécial, à condition toutefois d'en faire une déclaration et une demande spéciale auprès des autorités. Nous avons retrouvé le document qui atteste cette démarche et son acceptation. 



Le café Tytgat était situé du côté sud du chemin d'accès au Fort, à proximité immédiate de la borne de propriété n° 37



On a retrouvé plusieurs autres documents © concernant cet établissement. 



C'est à la fin des années 1960 que ce café disparaîtra avec la construction de la Zup de Mons-en-Barœul. Le photographe qui a immortalisé cette scène, nous laisse donc une vue étonnante avec Odil Tytgat au centre, entouré de sa femme Alice, à sa droite en tablier à pois, et leur fille Anaïs qui lui pose sa main sur son épaule.


A l'intérieur du café, au dos de ce cliché sont notés les noms des personnes photographiées : Gd père - Gd mère Tytgat, Mamy + petit René, Oncle Cyril. Un piano mécanique assurait l'ambiance, comme pour le café du Trocadéro.



Mathilde Tytgat apporte quelques boissons désaltérantes


Ces deux clichés ont été pris sous la verrière attenante au restaurant. On remarque la campagne à l'horizon.



Cette photographie est prise de l'intérieur de l'enceinte du Fort délimitée par les piquets. Une pancarte en bois, dont on ne voit que la face arrière, signale qu'il s'agit d'un terrain militaire. On voit également les bornes de propriété n° 2 et 37.


Coiffés de casquettes blanche, le couple Tytgat et leur fille Léonie (dite Anaïs), posent sous la gloriette avec des soldats libérables. On remarque sur l'auvent la mention des bières du Coq Hardi, cette brasserie était située non loin de là, rue de la Louvière à Lille.


On remarque sur cet autre cliché la plaque ovale en tôle à l'enseigne du Coq Hardi. La devise de cette marque était " Plus j'en bois, plus je chante clair ". L'ambiance a l'air effectivement très chaleureuse et au milieu des cinq soldats, dont un officier, on reconnaît Alice Tytgat, au premier plan, et la fille Anaïs derrière.


Les militaires des régiments colombophiles étaient nombreux à venir au café Tytgat. Ci-dessus c'est la classe du 27 septembre 1930 et ci-dessous Germaine Tytgat apporte une bière à un des zouaves. Le centre d'instruction colombophile recevait des stagiaires de tout horizon. Une affiche indique : " Engagez vous dans les troupes de la Métropole ".



On est dans l'enceinte du Fort de Mons-en-Barœul, face à la rue Chanzy. Le véhicule appartient au régiment colombophile du Fort, il s'agit d'un pigeonnier mobile connu sous le nom d'araba. Le café Tytgat est visible sur la gauche de ce cliché et un autre estaminet celui des Blés d'Or, de Louis Vérez, qui deviendra l'imprimerie Vanhée, se situe à droite. Dans l'angle supérieur droit un groupe de pigeons vient de s'envoler. Au lointain on devine le village de Mons-en-Barœul, avec le clocher de l'église Saint Pierre.


Germaine Tytgat qui s'est déguisée en militaire, pose devant deux pigeonniers mobiles installés sur des tréteaux.