La deuxième guerre mondiale La résistance à Mons-en-Barœul durant la deuxième guerre mondiale à l'occasion des 70 ans de la libération de la ville Une série de 6 articles d'Alain Cadet parus dans La Voix du Nord avec les figures de Jeanne Parmentier, Marcel Pinchon, Alfred Moreaux et Henri Poissonnier
L'histoire du monument aux morts de Mons-en-Barœul Une série d'article paru sous la plume d'Alain Cadet dans la Voix du Nord à l'occasion du centenaire de la guerre 1914-1918
Pierre Brasselet a marqué l’histoire de « son » monument aux
morts
Publié le 7 novembre 2014 dans La Voix du Nord
Le monument aux morts, rénové pour le centenaire de la
guerre 1914-1918, a été inauguré en 1924. Depuis, il a connu quelques
modifications. Pierre Brasselet, appelé en Algérie, fait partie de ceux qui ont
écrit son histoire.
C’est grâce à l’engagement de Pierre Brasselet que les noms
des soldats tombés en Afrique du Nord
sont inscrits sur une stèle installée square Montesquieu.
Pierre Brasselet suit un itinéraire qui passe par l’école
Saint-Honoré, le patronage, puis les scouts. Il y acquiert du bagage en matière
d’allumage de feu, préparation de la « popote », récurage de gamelles et bidons
en tous genres. « C’est une première forme de forme de vie sociale,
commente-t-il. J’ai retrouvé cet état d’esprit, plus tard dans l’armée. Ce sont
des occasions où des gens très différents apprennent à vivre ensemble,
affrontent et surmontent les difficultés. »
En 1955, fini les vacances ! Il embarque pour un voyage
moins agréable, Bône, en Algérie. Il va effectuer 28 mois de service militaire
à la frontière tunisienne. « Il y avait des barrages électrifiés pour empêcher
les infiltrations du FLN, se souvient-il. Nous assurions le transport de
troupes, en chemin de fer, pour le régiment voisin de la Légion étrangère. Ils
ont eu beaucoup de morts. Plusieurs années, après mon retour en France, dans la
rue, j’étais toujours sur le qui-vive de peur que quelqu’un ne me poignarde
dans le dos ! Nous avons vécu une bien triste période. »
À 24 ans, Pierre devient le plus jeune conseiller municipal
du département du Nord. Pendant les 24 années qui vont suivre, il accompagne
plusieurs maires et plusieurs de leurs mandats. Parallèlement, il devient le
responsable de la section communale et vice-président de la section de Lille
Métropole-Mons-Hellemmes de la FNACA (fédération nationale des anciens
combattants, Algérie, Maroc, Tunisie).
Tous les noms sur le même édifice
À cette époque, le nom des soldats tombés en Indochine et en
Algérie n’est pas le bienvenu sur le grand monument aux morts, square du
Combattant. L’ancien d’Algérie fait appel à la générosité et organise une
souscription. Le maire de l’époque, Marc Wolf, règle à lui tout seul la moitié
du budget sur son indemnité d’élu. La stèle et ses noms seront installés square
Montesquieu. Désormais, c’est à cet endroit que débuteront les cérémonies
patriotiques avant de se rendre ensuite au « grand » monument.
Il y a quelque temps, on a pu enfin inscrire tous les noms
au même endroit, et la rénovation récente du monument aux morts « principal »
érigé en 1924 a pris en compte ce changement. Mardi, pour la cérémonie du
centenaire de la Grande guerre, Pierre ne se rendra pas à son monument. Il a dû
abandonner ses mandats car il éprouve de grandes difficultés pour se déplacer.
« J’aurais un petit pincement au cœur à l’heure de
l’événement, avoue-t-il. Je penserai à mes camarades assistant à la cérémonie
et à ceux qui sont morts. »
Les cérémonies du 11 Novembre ont lieu mardi, à 11 h, square
du Combattant. Retrouvez dans les prochains jours la suite de notre série sur
le centenaire de la Grande Guerre à Mons-en-Barœul.
Quel avenir pour la stèle du square Montesquieu ?
La stèle du square Montesquieu n’est plus le lieu de passage
obligé des cérémonies patriotiques puisque les noms qui y sont lisibles sont
aussi gravés désormais sur le monument aux morts rénové du square du
Combattant. Une question se pose. La résidence des Mille Roses va bientôt être
remplacée par une nouvelle construction tandis que la parcelle non utilisée
devrait être le lieu d’implantation d’un nouveau programme immobilier. Il
faudra sans doute trouver un autre endroit pour accueillir la stèle de Pierre
Brasselet et de ses camarades.
Publié le 9 novembre 2014 dans La Voix du Nord
Inauguré en 1924, le monument aux morts de Mons-en-Barœul s’apprête à tourner une nouvelle page de sa déjà longue vie. Complètement réhabilité, il présentera un nouveau visage pour la cérémonie de ce mardi.
Avant 1914, on célébrait seulement le 14 Juillet. La fête avait été instituée en 1880, en mémoire de ce jour de 1789 où fut prise la Bastille et surtout du 14 juillet de l’année suivante, fête de la Fédération, décrétée jour d’union nationale. Mais après 1914, cinq ans passent et les dix-huit millions et demi de morts, civils et militaires, appellent un lieu symbolique qui rende hommage aux disparus, permette aux survivants de communier autour de leur mémoire et perpétue pour les siècles le souvenir de cette époque barbare de sacrifices et de douleurs.
La période qui suit le 11 novembre 1918 fait la prospérité des sculpteurs et des marbriers. La moindre petite commune veut disposer de son Monument aux morts. Mons-en-Barœul, qui compte 150 victimes civiles et militaires, aussi. La Ville met tout en œuvre pour réaliser son projet. Il lui faut un certain temps pour réunir le financement mais, le 1er février 1922, Chrétien Lalanne, l’architecte, remet son devis (un peu plus de 45 000 francs de l’époque). L’entreprise Georges Delattre et le sculpteur Dominique Bevilacqua seront les maîtres d’œuvre. L’ouvrage est terminé en 1924. Le rituel des cérémonies du souvenir autour du monument aux morts avec hymne national, sonneries aux morts, appel des noms, se perpétuera jusqu’à la guerre suivante puis renaîtra dès la fin 1944.
Entièrement rénové en 2014
En 2014, 90 ans après sa construction, le vieux monument avait bien besoin d’un coup de jeune. La municipalité a décidé de le rénover. C’est l’entreprise Demarliéres qui s’est chargée du travail. On a décapé la pierre et les noms. On les a réécrits sur une plaque à l’aide d’une traceuse (y compris ceux des soldats morts en Indochine et Algérie). On a sablé, pour produire le creux des lettres. On l’a rempli de peinture résistante aux intempéries. On a légèrement poncé, nettoyé puis traité le monument pour qu’il ne subisse pas les effets des champignons et de la pollution. Le cahier des charges stipule que le résultat de ces travaux doit pouvoir durer au moins 50 ans. Rendez-vous est donné demain au pied du monument restauré.
24 août 1924, la cérémonie patriotique
En ce dimanche d’été, presque au 10e anniversaire du déclenchement du conflit, le conseil municipal a invité les Monsois à découvrir leur monument aux morts. « Une belle fête ! » titre le journal qui relate l’événement. Après la messe prononcée à l’église Saint-Pierre, on se rend en procession jusqu’à l’édifice.
La place du Combattant est décorée de drapeaux tricolores et une estrade a été dressée. Le maire, Gustave Roussier, déjà bien malade, c’est Émile De Goedt, son premier adjoint, qui préside la cérémonie. On a reconstitué une tombe du Poilu veillée par quatre enfants en uniforme : le premier est vêtu en zouave, le second en aviateur, le troisième en fantassin et le quatrième en artilleur. Après une vibrante Marseillaise, Pierre Valdelièvre, poète local, monte à la tribune pour lire sa dernière création. « Dormez, enveloppés dans l’orgueil de la gloire. Et lorsque nos enfants, évoquant la mémoire plus tard demanderont : pourquoi tant exalter tous ces noms ciselés dans le marbre et le cuivre ? Nous dirons : ils sont morts pour que nous puissions vivre. Ils ont versé leur sang pour notre liberté ! »
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