Alfred Moreaux résistant

Le 8 mai 2026 un premier Stolperstein a été posé à Mons-en-Barœul




Alfred Moreaux

Crédits photographiques :
Service communication de la ville de Mons-en-Barœul et Jacques Desbarbieux














Au micro Thomas Sanchez, avec à ses côtés Benoît Bonnaillie qui sont à l'initiative de la pose de cette pierre du souvenir.


L'intervention de Diana Da Conceiçao, nouvelle maire de Mons-en-Barœul



Le pavé de la mémoire en place devant l'habitation où Alfred Moreaux fut arrêté par la Gestapo

















Les travaux des élèves exposés dans la salle de la Briquetterie au Parc du Barœul




Madame la Maire, Diana,

Mesdames et messieurs les élus,

Monsieur le Président de l’association « Stolpersteine Nord-Pas-de-Calais », Théo,

Monsieur le Président de la section monsoises des anciens combattants,

Monsieur le Directeur de l’école des Provinces,

Anne-Gaëlle, et vous, les enfants de l’école des Provinces,

Messieurs le Président et le Chef de l’Orchestre d’Harmonie de Mons ;

Mesdames et messieurs en vos grades et qualités,

Chers descendants d'Alfred MOREAUX,

Mesdames, Messieurs,

Aujourd’hui, en ce 8 mai 2026, au 380 de la Rue du Général de Gaulle, nous ne posons

pas seulement un pavé fait de béton et de laiton. Nous rendons un nom, un visage,

une histoire à Alfred MOREAUX. Nous lui rendons sa place, ici, dans notre ville, dans

notre mémoire collective.

Pendant longtemps, le nom d’Alfred MOREAUX est resté dans la sphère intime,

transmis avec pudeur au sein de sa famille, tandis que d’autres figures de la

Résistance monsoise étaient célébrées. Avec Thomas, nous avons voulu réparer cet

oubli. En parrainant et en finançant ce premier Stolpersteine à Mons-en-Barœul, nous

avons souhaité que ce résistant de l’ombre sorte enfin du silence et retrouve la lumière.

Car se souvenir n’est pas un simple devoir du passé : c’est un acte pour le présent et

une exigence pour l’avenir. Comprendre l’histoire, c’est se donner les moyens de ne

pas en répéter les heures les plus sombres.

Alfred MOREAUX était un monsois comme tant d’autres — ou plutôt comme chacun

de ces hommes, ces femmes et ces enfants ordinaires que les circonstances ont

appelés à un courage extraordinaire. Ajusteur, électricien, père de famille, il aurait pu

détourner le regard. En 1941, il a choisi l’engagement. Dans le réseau « Voix du Nord

», il a risqué sa vie pour imprimer, diffuser, transmettre la vérité, cachant des journaux

sous les toits de Mons.

Le 31 mai 1944, ici même, son destin bascule. Son fils Francis, encore enfant, voit son

père emmené par la Gestapo. Puis viennent la torture, le Train de Loos, l’enfer de

Sachsenhausen. Ce que cet homme a traversé dépasse l’entendement. Et pourtant,

Alfred a tenu. Dans le chaos des marches de la mort, il a même trouvé la force de

sauver une vie. Il sera finalement libéré le 3 mai 1945 par l’Armée rouge — vivant,

mais à jamais marqué.2

Ce projet est aussi une transmission. Nous tenions à remercier chaleureusement

Anne-Gaëlle DEMORTIER Professeur des écoles, sa collègue Madame Laurine

VOZEL et Monsieur Alain PHILIPPOFF Directeur de l’école Les Provinces d’avoir

accepté de nous rejoindre dans ce projet. Une mention toute particulière à Anne-Gaëlle

: nous souhaitons te remercier très sincèrement pour ton engagement, qui a largement

dépassé toutes nos espérances.

Nous voulons surtout saluer le travail des élèves de CM2 qui se sont emparés de cette

histoire. En étudiant le parcours d’Alfred, ils sont devenus les passeurs de cette

mémoire. Car regarder ce pavé, ce n’est pas seulement se souvenir : c’est comprendre

que la liberté que nous vivons aujourd’hui a un prix — et que ce prix a été payé par

des hommes, des femmes et des enfants qui vivaient ici, dans nos rues, dans notre

ville, dans notre pays.

Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à Théo HOOREMAN, Président de

l’association Stolpersteine Nord–Pas-de-Calais, pour son engagement constant et

son dévouement à cette noble cause qu’est le devoir de mémoire.

Nos remerciements vont également à Monsieur Rudy ELEGEEST, ancien maire, qui

a accueilli notre démarche avec bienveillance et nous a soutenus dès les premiers

instants, ainsi qu’à Diana DA CONCEICAO, Madame la Maire, qui, dans la continuité

de cet engagement, a apporté immédiatement son soutien et honore aujourd’hui de sa

présence cette cérémonie.

Nous saluons également Monsieur Claude GERY, Président de la section des anciens

combattants de Mons, pour sa bienveillance, ainsi qu’Hélène CLERC, Directrice de

cabinet, pour son accompagnement précieux tout au long de ce projet.

Nous adressons aussi nos sincères remerciements aux choristes du chœur éphémère

constitué pour l’occasion : merci à chacune et chacun d’entre eux d’avoir été touchés

par ce projet et de l’avoir rejoint avec tant d’engagement. Nous remercions

chaleureusement les musiciens de l’Orchestre d’Harmonie de Mons-en-Barœul, ainsi

que leur chef Pierre MISIKOWSKI et leur président Olivier OCHIN, pour leur

précieuse contribution.

Nous n’oublions pas les membres de l’Association Historique de Mons pour la

communication de leurs archives, ni l’ensemble des agents municipaux, dont le

travail essentiel a permis la réalisation de cet événement, ni les descendants d’Alfred

MOREAUX, auxquels nous adressons toute notre reconnaissance pour leur confiance

et leur présence parmi nous aujourd’hui.

En posant ce Stolpersteine, nous nous inscrivons dans la démarche de l’artiste

Gunter DEMNIG : « s’incliner pour lire un nom, c’est s’incliner devant une vie ».

Aujourd’hui, nous nous inclinons devant Alfred MOREAUX. Un homme revenu de

l’enfer, brisé sans doute, mais debout.3

Mais commémorer ne peut pas être un geste figé dans le passé. Se souvenir, c’est

aussi regarder le monde tel qu’il est aujourd’hui. Et ce regard nous oblige.

Car ailleurs, en ce moment même, des civils meurent, des familles sont brisées, des

peuples vivent dans la peur. Au Proche-Orient, le conflit israélo-palestinien continue

de semer la mort, la destruction et la haine, dans une spirale qui semble sans fin. Entre

l’Ukraine et la Russie, entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, en Afrique et dans le monde,

les tensions et les violences rappellent combien la paix reste fragile et combien les

populations civiles en paient toujours le prix.

Face à ces réalités, notre silence serait une forme d’abandon. Nous devons le dire

avec clarté : aucune cause, aucune frontière, aucune idéologie ne peut justifier la

déshumanisation, les violences contre les civils, ni l’effacement des vies humaines.

L’histoire que nous honorons aujourd’hui nous enseigne précisément cela : là où l’on

cesse de voir l’autre comme un être humain, le pire devient possible.

C’est pourquoi cette pierre n’est pas seulement un hommage. Elle est un

avertissement. Elle nous rappelle que la vigilance n’est jamais acquise, que la paix se

construit chaque jour, et que la dignité humaine doit rester au cœur de nos

engagements.

Aujourd’hui, Alfred, vous êtes enfin de retour chez vous.

À travers ce pavé de laiton, qui captera la lumière et les regards, votre nom ne sera

plus jamais oublié. Et votre courage continuera d’éclairer notre chemin.